[ITW] Sandrine Lescourant, chorégraphe humaine et généreuse

5 février 2025 /// Les interviews
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C’était un vrai moment de communion.
Je pense que dans certains moments, et parfois on l’oublie, mais nous avons besoin d’être ensemble tout simplement. C’est ce que ce moment m’a rappelé, l’importance comme tu disais tout à l’heure de communier, de partager les émotions avec les uns et les autres. Je suis très émue d’y repenser.

Blossom : s’épanouir, fleurir, éclore en français

Le public découvrira ce vendredi Blossom dans le cadre du festival les Hivernales en coréalisation avec la scène nationale de Cavaillon La Garance. Blossom signifie s’épanouir, fleurir, éclore, fleur, en anglais. Pourquoi avoir choisi ce mot ? 
Je trouve que c’est une manière poétique de parler de la façon dont on grandit. Au départ, ce mot est apparu comme ça, comme une intuition. Puis, il est devenu de plus en plus présent autour de moi que je l’ai trouvé très fort. Il dit vraiment ce qui éclos à l’intérieur des personnes. 
Ensuite, ce qui m’anime depuis toujours, celle qui fait ce que je suis au plateau ou dans la vie, est de savoir ce qui peut éclore de chaque situation. J’adore découvrir le potentiel des personnes qui m’entourent. Par exemple, lorsque je fais danser des personnes, j’aime les amener à fleurir, à grandir, à se libérer et c’est ce qui me fait grandir aussi à l’intérieur finalement. J’aime bien cette idée poétique : voir comment on peut grandir et le faire ensemble.

Depuis combien de temps travailles-tu sur cette pièce ? 
Ça fait déjà 2 ans que nous travaillons à cette création ! L’équipe et moi avons rencontré des personnes différentes auxquelles nous avons posé les questions suivantes : Qu’est-ce qui fait blossom chez vous ? Ce qui les faisait grandir ? Qu’est-ce qu’elles avaient de plus sacré, de plus cher au fond d’elles ? Leurs réponses nous ramènent finalement à des choses tellement simples comme la douche tiède, l’odeur du foin coupé, des choses qui nous semblent banales parfois mais qui sont sacrées pour elles. 

Comment avez-vous rencontré ces personnes ?
Nous avons lancé un processus de création en immersion dans les prisons, dans les hôpitaux, dans les théâtres avec des amateur·rices.
Le chemin pour cette création est impressionnant. Certains moments ont été très forts à vivre pour nous toutes et tous. Je pense notamment à nos visites dans les prisons lors de nos ateliers lorsque, avec nos outils, nous arrivons à communiquer, à faire éclore des ressentis. Nous avons pu jouer en extérieur tous ensemble. Cette expérience était très marquante. 

D’après ta présentation, on imagine que Blossom est une pièce différente à chaque fois ? 
En effet, c’est l’idée de recréer Blossom à chaque fois. Vendredi soir, ce sera la première et nous aurons du monde sur le plateau. Il y aura 6 interprètes et un groupe de 25 complices avec lequel nous avons travaillé grâce aux Hivernales et La Garance. On a des personnes qui viennent de tous horizons et c’est ce qui est super.

Arrivez-vous à répondre finalement à la question du départ : qu’est-ce qui fait blossom ?
Nous essayons de répondre à cette grande question par la danse, le chant et la musique. « Blossom » est une manière de revenir à l’essentiel mais de manière collective.

Une chorégraphe humaine et généreuse

On ressent une grande générosité dans cette proposition
Ah oui, là pour le coup, nous sommes en plein dedans – rires

Tes propos me poussent à dire que tu es une chorégraphe humaine voire une chorégraphe humaniste.
Quand des personnes me font des retours touchants comme celui-ci, je réponds que ce que je partage est tout ce que j’ai reçu. Je me vois plus comme une personne qui fait passer, comme un instrument qui révèle des choses que je perçois chez les autres et je tente de les mettre à jour. J’ai vachement de mal en fait à trouver des mots pour moi-même.
L’humain est le sens pour lequel nous, danseur·ses, chorégraphes, faisons ce métier. Je suis une chorégraphe humaine… une humaniste… oui ça tombe sous le sens.

Une dernière question. Lorsque l’on te rencontre, on retient ton côté lumineux, toujours positif, combatif pour le meilleur. Quel est le quel est ton moteur ? qu’est-ce qui te fait avancer ? qu’est-ce qui te booste car on a l’impression que tu n’es jamais en mode « down« .
J’ai compris que ce que je vivais n’était que de l’engrais pour blossom. Je perçois les épreuves comme quelque chose qui est une promesse, une source en fait. Tout à l’heure, tu parlais de communion et comme je suis croyante, c’est peut-être ce qui me rend le plus solide. 

Propos receuillis par laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Cie Kilaï

Blossom, dan le cadre du Festivla Les Hivernales CDCN Avignon, en coréalisation avec La Garance Scène nationale de Cavaillon, à voir le vendredi 7 février 2025. Tous les renseignements ICI.

Générique

Conception et chorégraphie Sandrine Lescourant / Interprétation Najoi Bel Hadj, Dafne Bianchi, Joël Brown ou Jérémie Tshiala, Cjm’s, Abraham Diallo, Sandrine Lescourant / Création lumière Esteban Loirat / Régie son Vincent Hoppe
Avec la complicité d’amateur·rice·s Alain Alfonsi, Carole Bégard, Evelyne Bernardeau, Léa Buisson, Flavie Clause, Wislor De France, Choumicha El Azzaoui, Angel Ella-Meghar, Aristide Gnezako, Audrey Goukassian, Anne-Marie Goulay, Monique Lauvergnas, Coline Leblois, Pierrick Letexier, Delphine Llurens, Marion Malbrun, Yoan Marcelino, Marine Mathey, Henri-Alexandre Mercier, Louna Milcent, Carole Rey, Angélique Schmitt, Sandrine Zaragoza

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