[ITW] Les Trois Mousquetaires. Un pour tous, tous pour Jade Herbulot
En octobre dernier, La Garance – scène nationale de Cavaillon, en partenariat avec le Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse, présentait la saison 3 des Trois Mousquetaires – La série du Collectif 49 701. Créée il y a 14 ans, la série continue à faire des émules. L’occasion d’échanger avec Jade Herbulot.
Metteuse en scène, avec Clara Hedouin du Collectif 49 701, Jade Herbulot pose un regard sur cette épopée dans laquelle elle interprète entre autres le cardinal Richelieu.
OAP : Vous avez créé avec Clara, la série Les Trois Mousquetaires, il y a 14 ans. Est-ce que beaucoup de choses évoluent au fil des représentations ?
Jade Herbulot : Ce qui évolue, c’est le contexte, c’est-à-dire l’architecture des lieux et comment les espaces sont organisés. C’est ce qui va modifier nos entrées et sorties ainsi que nos types d’apparition en fonction de l’accessibilité des bâtiments.
Jouer en extérieur demande certainement une concentration et une adaptabilité de tous les instants ?
C’est pour cela que l’on a toujours besoin d’un temps de répétition sur place pour pouvoir s’approprier des lieux et pouvoir définir où vont se trouver nos coulisses, nos loges pour pouvoir se changer rapidement et apparaître dans la silhouette d’un nouveau personnage. C’est l’aspect le plus important du spectacle je dirais. Ensuite, c’est quand même un spectacle qui est très écrit.
Il n’y a pas de place à l’improvisation ?
Il y a assez peu d’espace pour l’improvisation en réalité. On peut avoir l’impression qu’il y a des parties improvisées, mais en fait, il y en a beaucoup moins que ce que l’on pense. En revanche, les acteurs et actrices ont la consigne de citer un lieu qui est un peu emblématique du village. Cela peut être un restaurant, un quartier, un monument… On joue sur ce télescopage entre les lieux de la fiction et les lieux de la représentation.
Lorsque vous avez lu, avec Clara Hedouin le roman épique d’Alexandre Dumas, aviez-vous à l’idée la force de votre adaptation ?
On avait l’intuition que c’était une matière formidable à jouer. Pour être franche, je pense que l’on ne se rendait pas du tout compte à quel point ce roman classique allait pouvoir raisonner et vibrer avec le contemporain de manière aussi réjouissante et intéressante.
On ne l’avait pas anticipé.
Ce qui est fou pour nous est de voir qu’il y a des saisons, par exemple la saison 3 que vous avez vue, qui ont été créés pour la première fois il y a 10 ans et de constater que l’évolution du contexte géopolitique autour de nous change l’écoute. Le spectacle ne se périme pas en fait, c’est ça qui est assez étonnant pour nous.
C’est un spectacle qui peut être encore et encore joué. N’avez-vous pas peur de vous essouffler ?
Cela fait donc 14 ans que nous le jouons et c’est assez incroyable. On trouve vraiment plaisir à reprendre la série car la mise en scène n’est jamais figée. Nous changeons de lieu à chaque présentation. Rien ne s’installe en fait et la composition de l’adaptation est assez sportive pour les interprètes. Je pense que c’est ce qui donne autant de vitalité au spectacle entre autres.
Etes-vous étonnée de l’engouement que suscite votre adaptation et êtes-vous surprise par certains aspects lorsque vous le reprenez ?
Nous avons une expérience assez dense du spectacle donc on connaît ces endroits d’efficacité. Pour tout vous dire, il y a des endroits dans le spectacle où le public applaudit et où que l’on joue. Tout repose sur des questions de mise en scène et de rythme.
Après ce qui est vraiment toujours joyeux pour nous, au-delà de ces aspects plus techniques de mise en scène et de mise en jeu, c’est de constater que le spectacle est toujours aussi populaire, dans un sens très très noble et dans un sens où il est accessible à toutes et tous.
Il peut plaire autant au spécialiste de Dumas qui a lu toute l’œuvre, qu’à un néophyte qui n’a jamais mis les pieds dans une salle de théâtre. Il peut plaire à un enfant de 6 ans comme à une grand-mère de 82 ans. Et donc ça c’est vraiment la force du spectacle. Je pense que pour le coup nous n’avions pas anticipé à quel point on allait fabriquer une œuvre à la fois aussi tout terrain et tout public.
C’est toujours un plaisir de ressentir de la part du public que le partage a lieu et se fait.
Ce qui nous stimule également est de savoir que lorsque l’on fait des intégrales, nous allons faire trois spectacles d’affilée devant le même public. Ce sont des aventures stimulantes pour nous et qui font qu’effectivement on ne s’épuise pas dans la tournée.
Même après 14 ans de jeu, nous faisons des répétitions et nous donnons des directions. Il y a une exigence, une vraie exigence de jeu et de mise en scène que nous essayons de tenir avec Clara. C’est le secret qui fait que le spectacle ne vieillit pas et conserve cette vitalité.
Propos recueillis par Laurent Bourbousson
Crédit photo portrait : Mélodie Dalmas
Les trois mousquetaires, une série à voir et à revoir.

Il en est ainsi des séries. Il y a celles que l’on aime et que l’on adore revoir et celles que l’on déteste, dont un seul épisode suffit pour que l’on s’en détache. Avec Les Trois Mousquetaires – La série, le Collectif 49 701 truste la première place dans la première catégorie.
En effet, en adaptant le roman épique d’Alexandre Dumas, Clara Hédouin et Jade Herbulot ont créé, il y a maintenant près de 15 ans, un blockbuster du théâtre de rue. Spécialisé dans ce registre, le collectif a arpenté et arpente toujours bons nombres de places et de ruelles de villages se prêtant à cette histoire épique.
Écrire que les comédien·ne·s sont excellent·e·s n’est en rien galvaudé, souligner la contemporanéité du récit peut paraître étonnant mais il en est ainsi.
Clara Hédouin et Jade Herbulot jouent avec justesse avec les ressorts du roman, rendent palpitante une histoire écrite au XIXe siècle et mettent en exergue ce que peut provoquer l’attrait du pouvoir chez toute personne avide de.
Laurent Bourbousson
Crédit Photo : Azad Petre
Générique
Les Trois Mousquetaires – La Série saison 1, 2, 3 a été vu à la Scène nationale de Cavaillon en coréalisation avec le Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse. Avec le soutien du plan Mieux Produire Mieux Diffuser du ministère de la Culture.
Avec Loup Balthazar, Robin Causse, Hélène Bressiant, Maximilien Seweryn, Jade Herbulot, Eugène Marcuse, Guillaume Pottier en alternance avec Pierre Duprat, Grégoire Lagrange, Charles Van de Vyver, mise en scène Clara Hédouin et Jade Herbulot, adaptation Clara Hédouin, Jade Herbulot et Romain de Becdelièvre, régie Héloïse Auclert, Johann Gilles, et Jean-Yves Lucas en alternance, administration, production Audrey Gendre, Alice Ramond, administration, production Nathalia Kloos
Production Collectif 49 701.
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France et la participation artistique du Jeune Théâtre National.