Vu : The great disaster de P. Kermann, mes Olivier barrère

8 novembre 2017 /// Les retours
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Oliver Barrère présente au Théâtre des Halles, les 1er et 2 mars 2019, son réussi The Great Disaster de P. Kermann. Nous l’avions découvert lors de sa création à La Garance – Scène nationale de Cavaillon. Immanquable.

Olivier Barrère bouscule les codes de la représentation avec sa nouvelle création, The Great Disaster. Du soliloque existant de Patrick Kermann, il en livre une version à multiples voix et rend l’existence à toutes les vies que Giovanni Pastore va croiser sur, ce que sera sa dernière demeure, le Titanic. Giovanni, le laveur des petites cuillères à café, embarqué sur le paquebot et non comptabilisé dans l’équipage. Celui qui ne sera jamais mort, en fin de compte.

Le comédien s’empare du texte avec joie. Il le décompose avec minutie et fait entendre les moindres mots, silences et souffles que l’auteur impose dans son écriture. La langue de Kermann est celle-ci : cynique, joyeuse, âpre, mélancolique, glaçante aussi. Elle raconte l’histoire des vies que le sort a entrelacées dans la funeste traversée du Titanic, et témoigne de la lutte des classes, des actes manqués, de l’amour de la Mama pour son fils et du fils pour sa mère, et par-dessus tout, de la tragédie humaine.

La scénographie d’Erick Priano crée la surprise et donne la coloration au texte souhaitée par le comédien. La mise en espace déjoue les pièges de l’enfermement et l’inertie qu’aurait pu susciter la pièce et propose un jeu de piste en deux temps. C’est en parfaite harmonie que le tout communique et se répond. Les nuances lumineuses froides du début laissent la place aux couleurs chaudes de la seconde moitié du texte.

La mise en jeu est jubilatoire. Olivier Barrère s’amuse avec Giovanni. Il est celui qui donne la voix aux invisibles d’une société en marche vers un capitalisme galopant. L’image des petites cuillères à café sur le sol est pareille aux vies des laissés-pour-compte, sur lesquelles marche l’humanité toute entière.Cependant, la férocité côtoie la douceur chez Kermann.

Avec The Great Disaster, le public sort des cales du paquebot vivant d’une autre manière, grâce à l’interprétation toujours juste du comédien. À écouter et à vivre passionnément comme la vie mérite de l’être.

Laurent Bourbousson
Photo : Olivier Barrère dans The Great Disaster ©Laurent Gros
Retrouvez l’interview du metteur en scène ici.

The Great Disaster de P. Kermann, avec Olivier Barrère / Mise en jeu : Olivier Barrère, Aurélie Pitrat, Erick Priano. À La Garance – Cavaillon, a été vu lors de sacration à La Garance – SN de Cavaillon.
Reprise : 1er et 2 mars 2019 au Théâtre des Halles (Avignon). Renseignements ici.

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