[VU] Avec « Tout se pète la gueule, Chérie » , Frédérick Gravel questionne l’homme alpha

22 juillet 2024 /// Festival d'Avignon - Les retours - OFF
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Au plateau, Frédérick Gravel, l’une des stars de la performance venue du Canada, reprend là où il avait laissé son spectacle au titre prometteur « Tout se pète la gueule, chérie ».

Cela fait donc 14 ans que ce spectacle a été créé et son concepteur décide de le rejouer sans en changer le moindre tableau. Est-ce que cela sera daté ? sera encore d’actualité ?… Le public le découvrira à la fin de cet acte performatif qui revêt bien des contours et des disgressions autour des représentations masculines qui sont légion dans notre imaginaire.
À l’époque de sa création, le public en avait fait la lecture d’une crise de la masculinité. 14 ans après, le regard a évolué mais les stéréotypes demeurent.

J’étale, tu étales, il étale

À coups de bières, de position qui rappelle le chimpanzé dans toute sa domination et suprématie, ou encore de jeu d’humilitation envers l’un des leurs, les hommes ont toujours la même et seule idée en tête, étaler toute leur virilité au grand jour, que ce soit torse-poil, en caleçon blanc long ou en santiags.
Les études d’ « Anthropologie » se succèdent, se percutent, se répondent. Le public assiste ainsi à un patchwork saisissant. Le rythme s’intensifie et l’acte performatif ne tourne jamais à vide car derrière les images stéréotypées se distillent des messages bien pensés.

Un rapport sexué

Et la part féminine de l’homme explose au regard, lors d’un numéro de pole dance extraordinaire ou encore avec cet ange porteur d’ailes qui traverse le plateau, laissant le public avec son rapport plus que sexué qu’il entretient avec le corps dans toutes ses dimensions qu’il soit donné.
De sexe, il en est finalement question tout le long de la démonstration. Qu’il soit visible ou que nous le devinions, il reste le nœud du problème, et ce même dans un rapport de création.

Dans 10, 20 ou 30 ans, « Tout se pète la gueule, Chérie » aura la même candeur, la même vivacité, la même verve. Frédérick Gravel est un grand parmi les grands. Un mâle alpha de la performance.

Laurent Bourbousson
Crédit photo : ©Sandrick Mathurin 

Générique

Tout se pète la gueule, chérie a été vu au CDCN Les Haivernales – Avignon durant le festival Off.

Conception et direction Frédérick Gravel / Danseurs et musiciens à la création Stéphane Boucher, Nicolas Cantin, Frédérick Gravel, Dave St-Pierre / Danseurs et musiciens à la reprise Stéphane Boucher, Dany Desjardins, Frédérick Gravel, David-Emmanuel Jauniaux / Musique originale Stéphane Boucher / Costumes Didier Sénécal / Lumière Alexandre Pilon-Guay / Dramaturgie Katya Montaignac / Direction des répétitions Anne Lebeau (création), Jamie Wright (reprise) / Regard extérieur Ivana Milicevic, Anne Lebeau, Claude Poissant, Hugo Gravel

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