Vu #OFF16 : Christine Guênon et Gaël Leveugle

20 juillet 2016 /// Les retours - VU #OFF

Loretta Strong de Copi, par Gaël Leveugle est à découvrir à l’Artéphile (Avignon), le samedi 24 mars 2018. Retour sur cette proposition marquante du festival #OFF16.

Dans le #OFF16, Christine Guênon et Gaël Leveugle, avec leur spectacle respectif, sont à découvrir avant le 30 juillet, si ce n’est déjà fait. Retour sur leurs propositions.

Il y a des présences, des voix, des jeux de comédiens qui marquent le moment furtif de la représentation. Christine Guênon et Gaël Leveugle font partie de cela. Avec chacun leur style, ils incarnent les personnages de leur proposition, comme un don de soi.

L’homme qui rit de Victor Hugo, par Christine Guênon

Christine Guénon est l'homme qui rit

Christine Guénon est l’homme qui rit

Christine Guênon a une voix, le genre de voix que vous continuez à entendre longtemps après avoir vu son spectacle. Elle présente, jusqu’au 30 juillet, L’homme qui rit de Victor Hugo, à la Présence Pasteur.
Le public ne s’aperçoit pas tout de suite de sa présence sur le plateau. Mais lorsque le regard se pose sur elle, il ne la quitte plus. Assise en fond de plateau, avec pour tenue un marcel blanc et un pantalon noir, elle livrera durant une heure l’histoire de Gwynplaine.
Sa voix se colore et se métisse, tout au long de cette histoire tragique aux aspects philosophiques. Son corps incarne les personnages. Lorsque elle décrit la scène des enfants dans la neige, nous y sommes ; lorsqu’elle se glisse dans la peau d’Ursus, ce n’est plus elle mais bien Ursus qui nous parle.
Sa métamorphose se fait par touche, pour culminer en fin de représentation en un Gwynplaine plus vrai que nature, assurant son rôle d’avocat pour les désespérés.

Loretta Strong de Copi, par Gaël Leveugle

Loretta String © Jeanne Comode

Loretta String © Jeanne Comode

Gaël Leveugle est une Loretta Strong organique, stricto sensu. Seul au centre de l’espace scénique, avec pour accessoires son corps nu et sa voix, il performe le texte de Copi, aux Hauts Plateaux, jusqu’au 30 juillet.
Debout, dans la pénombre de la galaxie, Gaël Leveugle se lance dans une sorte de transe textuelle. Il donne, ainsi, vie à ce texte de Copi. Le cannibalisme, la dégénérescence, la reproduction et l’assourdissant fracas, vers lequel se dirige l’humanité, s’illustrent de façon surprenante et s’incrustent dans l’esprit.
Le public s’attache aux mots de cette odyssée fantasmagorique. Le plateau dépouillé laisse place au jeu de lumières qui renforce les propos de Loretta. Les mots résonnent aux oreilles du public prisonnier de ce vaisseau dérivant dans l’immensité noire de notre avenir.
Gaël Leveugle signe ici une des performances les plus marquantes de ce festival, avec cet ovni théâtral qui prend à contre-pied toutes les programmations bien propres des théâtres.

L’Homme qui rit de Victor Hugo, par Christine Guênon à la Présence Pasteur, à 12h30, jusqu’au 30 juillet
Loretta Strong de Copi, par Gaël Leveugle aux Hauts Plateaux, à 11h00, jusqu’au 30 juillet. Reprise à l’Artéphile, le samedi 24 mars 2018. Renseignements ici